Rechercher sur ce blogue

mardi 3 juillet 2018

Écrire une fin sur les bases d’une conclusion


Certains auteurs connaissent la fin avant même de commencer à écrire leur roman. Mais moi, tout au long de ma trilogie, je me demandais comment j’allais exactement la terminer. Avec quelle scène? Où en seraient les personnages? La chute finale n’était pas problématique, puisque j’élabore toujours un plan et que je la connaissais donc. Le problème, c’était ce qui suit cette chute. La toute fin, quoi. Dans les chapitres précédents, je répondais à tous les mystères non résolus de la trilogie, et là, j’éprouvais des difficultés à composer les dernières pages, celles où les tensions retombent et suite auxquelles on peut écrire le mot FIN. Alors, je me suis dit que je devais chercher plus loin, faire ma petite enquête et réfléchir à tout ça. Puis, bien sûr, en produire un article qui pourrait aussi profiter à d’autres.😊

Question de m’inspirer quelques idées et une direction à suivre pour mes dernières pages, j’ai lu divers articles sur comment écrire une fin, une conclusion ou la scène finale d’un scénario. J’ai même inclus ceux qui concernent les nouvelles, parce qu’après tout, ce sont des microromans. Tout cela m’a fait réfléchir. Et c’était le but. Puis, j’ai analysé les informations que j’ai recueillies et, dans les points suivants, je vous partage mes réflexions.


1. Qu’est-ce qu’une fin?

Cela semble anodin comme question. Une fin, c’est quand ça se termine, non? En fait, oui, mais encore? Une fin est un dénouement, une conclusion. Je vous entends presque me dire : « évidemment, puisque ce sont des synonymes »! Bien sûr, mais si on recherche ce que devrait inclure une conclusion dans un texte court, on trouve en gros ceci :
  • un retour/synthèse des idées principales du texte
  • une actualisation du sujet.
Pour un roman, c’est un peu différent, mais au fond, pas tant que ça. Je pense qu’il est bon de revenir sur les idées principales. Je ne parle pas ici de résumer toute l’histoire dans la fin, non. Je doute que le lecteur en ait envie. Ce qu’on veut, c’est plutôt savoir où ces idées ont mené l’histoire, ou ce qu’il en est advenu. Par exemple, si un personnage part dans une quête quelconque et que tout au long du roman l’auteur passe son temps à mettre l’accent sur sa solitude et raconter à quel point c’est problématique pour lui, en tant que lectrice, j’aimerais bien savoir si à la fin il se sent encore seul ou non. Sinon, la question pourrait bien trotter dans ma tête en me laissant sur ma faim avec un petit arrière-goût désagréable.

Quant à actualiser l’histoire, je crois que pour l’actualiser, on doit d’abord se rappeler les bases sur lesquelles elle repose : l’intrigue, la quête, les objectifs des personnages et leurs points de départ. Il faudra donc se questionner sur les objectifs. Et ensuite, apparaîtra plus clairement cette actualisation de l’histoire, ou autrement dit, la situation nouvelle dans laquelle se retrouveront les personnages à la fin du roman.

2 : Parlons objectifs…

Quel est l’objectif de notre personnage principal, sa quête, ce qui le motive à aller de l’avant et à passer à l’action? Que cherche-t-il?

Dans la trilogie Oneida que j’écris, Célia cherche des réponses sur ses origines, en plus de développer sa vie sentimentale. Ce sont les deux quêtes de la trilogie ou les deux intrigues principales.

Mais il faut aussi se demander si ces objectifs sont atteints ou non. Si, en bout de ligne, votre personnage échoue ou réussit.

Pour ma trilogie Oneida, je me suis posé les questions suivantes : Célia a-t-elle trouvé ses origines? A-t-elle trouvé l’amour? Si la réponse n’est pas claire, vous pouvez tenter de résumer en un mot le retournement de situation de la fin de votre roman, parce qu’au fond, ne contient-il pas l’aboutissement de l’histoire? Pour le dernier tome de ma trilogie, un seul mot ne suffit pas, mais « découverte de la vérité » représente bien l’action finale. En reprenant un des objectifs mentionnés précédemment et en y joignant celui-ci, ça donne : Célia cherchait des réponses et, à la fin, elle découvre la vérité. Oui, je confirme que c’est exactement ça. Et tout le monde peut donc en déduire que l’objectif de Célia est atteint.

Mais ce n’est pas tout...

  • Qu’en est-il des personnages secondaires? Possédaient-ils aussi un but, un rêve? L’ont-ils atteint?
  • Et l’objectif global du roman? Votre histoire contient-elle une morale, une leçon de vie? Si oui, quelle est-elle?
Je crois que pour bien conclure, on devrait aborder tous ces points dans une fin.

3. Parlons actualisation de l’histoire…

Au point 2, j’ai résumé l’aboutissement final de mon tome 3 « découverte de la vérité ». Eh bien, cette découverte amène les personnages ailleurs. Et c’est cet ailleurs, ou situation nouvelle dans laquelle tous se retrouveront, qu’on peut décrire dans la fin. Pour s’inspirer, on peut se poser les questions suivantes :
  • Comment ces objectifs (atteints ou non atteints) changeront-ils leur vie?
  • Qu’est-ce que vos protagonistes ont appris?
  • Quels pourraient être leur nouvel objectif de vie, leur rêve? Qu’espèrent-ils? Qu’envisagent-ils pour l’avenir?
  • La vie, le monde, vos personnages ont-ils évolué en cours d’histoire? Si oui, qu’est-ce qui a évolué et comment?
  • Concrètement, à quoi ressemble physiquement ce nouvel environnement? Où est-ce situé?

4. Parlons style…

De nombreuses options s’offrent à nous pour écrire une fin. Les points 1 à 3 aident à trouver des idées et à nous guider vers ce qui nous convient le mieux. Voici un exemple de choix auxquels on peut penser.
  • Souhaitez-vous une fin mystérieuse qui laisse le lecteur sur sa faim ou, au contraire, qu’elle réponde à toutes les questions?
  • Quelle émotion voulez-vous que la fin sollicite? Joie, tristesse, peur, colère, etc.
  • Tous vos personnages auront-ils la même fin (par exemple heureuse), ou pour certains, celle-ci sera-t-elle différente (ici malheureuse)?
  • Préférez-vous terminer avec un dialogue plus dynamique et vivant, ou en utilisant la narration pour un joli côté philosophique/poétique?
  • Même s’il s’agit d’une fin, pourriez-vous un jour écrire une suite? Si oui, prévoyez une possibilité à ce niveau, ou du moins, ne vous fermez pas toutes les portes.

5. Parlons contenu technique…

Voici quelques conseils recueillis en cours de recherches, auxquels j’ai bien sûr ajouté ma touche personnelle.
  • Tenez votre promesse au lecteur. Ne le décevez pas, car il gardera une mauvaise impression de votre roman et alors, n’en parlera peut-être pas en bien. Qu’une fin soit belle ou non, demeurez dans le même sujet, ne partez pas sur un chemin tout autre, soyez plutôt constant avec le reste de l’histoire.
  • Assurez-vous que la fin soit claire et compréhensible. Avoir des bêta-lecteurs est un bon moyen de le vérifier.
  • Ne prolongez pas inutilement la fin. Je sais que c’est là où les tensions se relâchent, mais quand même, ce relâchement doit avoir un but! Je me souviens d’un roman que j’ai lu où l’épilogue de plusieurs pages se passait quelques mois plus tard dans le temps. Mais à part constater la nouvelle dynamique entre les personnages, je n’en comprenais pas trop le but. Et seulement en toute fin, on découvrait un aperçu de la nouvelle situation. Il me semble qu’une narration aurait pu abréger ce trop long épilogue. J’avais si hâte d’en finir la lecture que je lisais parfois sans en voir les mots. J’étais dans la lune, quoi. Je m’ennuyais tellement qu’apparemment, mon cerveau n’avait pas envie de lire non plus. Bref, une fin concise est préférable. Chaque phrase devrait servir à expliquer un des points précédents.

En résumé :

Une fin est une conclusion qui devrait contenir un retour sur les idées principales et l’actualisation de l’histoire.

Une fin digne de ce nom pourrait parler… :

  • Des éléments principaux sur lesquels l’auteur insiste tout au long du roman et ce qu’il en advient.
  • Des objectifs de l’intrigue et s’ils sont atteints ou non.
  • Des objectifs des personnages et s’ils sont atteints ou non.
  • De la morale de l’histoire, s’il y en a une.
  • De la façon dont ces objectifs ont changé la vie des personnages et la nouvelle situation dans laquelle ils se retrouvent.

Elle devrait aussi :

  • Contenir l’émotion que vous voulez susciter.
  • Permettre une possibilité de suite, au cas où.
  • Posséder le style qui vous convient.
  • Ravir le lecteur en demeurant constant avec le reste de l’histoire.
  • Être clair et compréhensible.
  • Éviter de se prolonger inutilement.

Sur ce, je vous souhaite de bonnes finales!😉



4 commentaires :

  1. Merci pour tous ces rappels et conseils ! La plupart des questionnements dont tu dis qu'il faut se préoccuper sont d'ailleurs des questions auxquelles un auteur doit pouvoir répondre avant d'écrire son roman pour avoir une cohérence dans son histoire :-)
    J'ajouterai une petite chose pour écrire sa conclusion : on dit généralement que l'image de fin doit être le miroir de l'image d'ouverture. Dans ton cas, ton histoire débute sur Célia qui est seule chez elle et qui s'interroge sur ses origines alors qu'il pleut. Pour ta scène finale, tu devrais montrer en quoi tout le chemin parcouru fait écho à cette scène de départ.

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. C'est une bonne idée! :) Ma chère bêta-lectrice, j'ai hâte que tu découvres la fin que j'ai écrite pour la trilogie. Je crois bien que le lecteur comprendra tout le chemin parcouru. Sinon, je suis certaine que tu me le laisseras savoir. ;) Je ne sais pas trop si la scène fait écho à celle du début du tome 1, peut-être un peu, tu verras... :)

      Effacer
    2. J'ai hâte de voir comment tu clos ta série :-D

      Effacer
    3. :D Je me croise les doigts pour que tu aimes...

      Effacer

Articles au hasard

Blogger